La mémoire courte , déja
Des doutes encore , toujours
Une distance encore inconnue
Des temps et des espaces aneantis
Le coeur en sang , déja
Gestion impossible du jour aprés jour
Dans l'ailleurs , une ame deja perdue
Et ce monde qui reste l'ennemi
Vieux et nouveaux reflexes conditionnés
Melange , confusion , echapatoires
Nouveaux réves et cauchemars du passé
Arc en ciel , mais toujours habits noirs
L'absurde se reveille de son assoupissement
Il est toujours là à roder dans ces tétes
Il ne s'endort jamais pour bien longtemps
Car il se doit de saboter nos derisoires fétes
Des monstres frappent à la porte de l'esprit
Ainsi que des pantins grotesques ou pathetiques
Des traces , des echardes , des pauvres cris
Ressurgissent pour meubler le confort psychotique
Les victoires sont les filles chimeriques de l'orgueil
La boue rattrape la race et plus encore l'individu
On croit progresser , mais tout n'est qu'une serie d'ecueil
On croit pardonner au monde , mais l'on n'est qu'abattu
Le froid revient carresser la chair boursouflé d'ego
On se love dans les bras de la musique salvatrice
On tente de se souvenir de quelques instants si beaux
Mais rien n'y fait , la nuit entiére pleure comme jadis
Sauver sa vie minuscule sur ce monde insignifiant
Est ce du courage , de l'instinct , ou de la simple folie
Sauver ces os et cette graisse des abimes du neant
Ca fera toujours matiére à quelques niaises poesies
On pourrait changer , changer est dans la nature humaine
Tout le temps , s'adapter , mais Cthulu lui , est si vieux
Il pourrait ecraser ce monde , toi , moi , eux , nous tuer
Qu'importe alors la beautée , l'amour , la compassion
J'ai si peur pour toi , mon amour , ma tendre reine
Nous sommes si minuscules dans ces univers furieux
Comment survivre a ce qu'endurent méme les dieux epuisés
Plus de gouvernail nul part , juste le regne de la confusion
L'echelle des problémes s'eleve a la vertical de l'infini
Machoires serrés , univers implosants , mort et copulation
De l'atome au dinosaure , de la mouche à la galaxie
Dans la méme seconde , neant , salade , civilisation
Factures , génocides , téléphone , 666 , terreur , et l'amour
Petit grain de poussiere délicieux , trésor , absurde paradis
Meme si tout créve et pourrit, on voudrait pas passer son tour
Les dieux et les singes ne detruiront pas encore nos vies
Tout est foutu mais embrassons nous sur la corde raide
Sans regarder en bas , les machoires carnasieres du vide
J'aurais preferé parler de soleil et de baisers sucrés
On ne se refait pas , cependant , ou pas en un clin d'oeil
Mon seul souhait serait d'etre un paisible Grateful Dead
Mais la mort n'est pas joviale , elle est plutot glacée et livide
J'aurais preferé te voir et te couvrir d'un amour enflammé
Que d'ecrire ces mots pluvieux , laids comme un jour de deuil
La mémoire triste , déja
Des doutes honteux , toujours
Une distance qui nous rends inconnus
Des heures et des cosmos aneantis
Le coeur en miette , déja
Gestion pathetique du jour aprés jour
Loin , si loin , nos ames , nos corps , perdues
Et ce monde qui reste l'ennemi
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