Deux extraits du magnifique texte de Leo Ferré "Et Basta"...
Il y a l'amour... peut-être. C'est
une solution, une solution à un problème qui reste un problème.
Alors... Rien.
Une solution... Un problème... Par quoi commencer ?
On donne et on te prend. Celui qui prend a l'impression qu'il donne... Arrange-toi
avec ça, si tu peux. Il y a derrière les yeux des gens, une
cité privée où n'entre personne. Une cité avec
tout le confort d'imagination possible. Les gens que tu vois chez toi, sont
d'abord chez eux. Ils ne te voient pas. Ils se singularisent dans l'immédiate
et toujours constante défense de soi. Ils ont peur. Ils sont terribles,
les gens. Ceux que tu appelles tes amis, ce sont d'abord des gens remplis
du moi qui les tient en laisse.
L'homme est un " self made dog "...
Mais il parle au centre du monde, et le monde, c'est lui.
Il transpire, il a une queue mais ne sourit pas avec, comme le chien. C'est
tout et c'est trop. L'amitié, c'est comme le ciment armé:
on ne sait pas comment ça vieillit. J'aime les vieilles pierres.
Elles ne transpirent pas.
Ni dieu, ni maître, ni femme, ni
amis, ni rien, ni moi, ni eux et Basta!
[...]
La vie ne tient qu'à un petit vaisseau
dans le cerveau et qui peut déconner à n'importe quel moment,
quand tu fais l'amour, quand tu divagues, quand tu t'emmerdes, quand tu
te demandes pourquoi tu t'emmerdes.
Il faudra que je prenne un jour quelque distance et dire à qui voudra
mon style de pensée et de vie et de mort et je m'en monterai doucement
du fond de l'An dix mille...
Je suis le vieux carter d'une Hispano Suiza
Une première femme: six ans de collage administratif.
Une deuxième femme: dix-huit ans de collage administratif.
Elles ne me voient plus que publiquement, elles savent, elles me connaissent
Moi je ne les vois plus publiquement
Si je les rencontre, alors... alors...
Les rides ça s'apprend petit à petit. Je sais.
La vieillesse c'est une façon de coup de poing dans la gueule
Au-dessus de trente ans, allez... allez vous faire foutre.
Moi, j'ai cent mille ans. C'est pas pareil. Je suis un mort en instance
et je vous regarde.
On se demande ce qu'on fout à se multiplier par deux
Deux curs deux foies quatre reins... Je suis seul et je pisse quand
même.
Le couple ? Voilà l'ennemi ! Je t'aimais bien, tu sais ?
[...]
Par Jack The Ripper
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J'aime beaucoup Mano Solo, auteur et chanteur poignant (il est egalement un trés bon dessinateur et peintre).
Voici un texte tiré de son troisieme album "Je sais pas trop"
Que
reste-t-il à vivre
Que reste-t-il à vivre
qui ne soit pas déjà sali
piétiné par lhistoire
Que reste-t-il à savoir
nen avons nous pas
les mains trop pleines
de tout ce que lhomme peut croire
Que reste-t-il à vivre
pour atteindre enfin
la béatitude du dégout
Tout bas tout sen va
tout qui nous file entre les doigts
Que reste-t-il à vivre
les hommes aboieront-ils encore
quand les chiens seront tous morts
De quelle chape de plomb
se tailleront-ils de nouveaux poumons
comment brûleront-nous demain
ces tours de fer et de verre
de quelle charrue pourra bien renaître la terre
Tout bas tout sen va
tout qui nous file entre les doigts
Que reste-t-il à suivre
qui ne soit pas le dernier maillon
de la grande chaîne des pièges à
la con
navons nous vraiment rien à apprendre
de tous ces gens qui se sont fait descendre
allons-nous longtemps laisser les urnes
se remplir de peste brune
Tout bas tout sen va
tout qui nous file entre les doigts
Tout bas
Par Jack The Ripper
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Voici les paroles de ma chanson préférée de Noir Desir , "Là Bas" :
Là Bas
Aujourd'hui j'ai rien fait
J'ai écouté les mouches voler
Dans leur vrombissement
Et leurs reflets nerveux d'argent
Là-bas, on ne s'ennuie pas...
Si je respire encore,
je sais pas, peut-être je suis mort...
Je peux plus m'énerver
J'ai à peine la force de rêver
Là-bas tout, tout va bien pour moi...
Je ne pense plus à mes parents,
d'ailleurs ils n'avaient pas d'enfants
Alors je peux pas être mort
Avant de m'en aller
J'ai appris qu'il y a des prairies
Où l'on peut galoper
Comme ça, sans cesse, à l'infini
Là-bas, comme au cinéma...
Depuis le fond de mon exil
J'vous pisse à la raie
Bien tranquille...
Là-bas ne m'en veuillez pas ...
Par Jack The Ripper
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