Musique ( chroniques )

Mardi 14 juin 2005 2 14 /06 /2005 00:00
Genesis
Foxtrot (1972 )

(Charisma) Enregistré par David Hitchcock

01 – Watcher of The Skies
02 – Time Table
03 – Get’em out by Friday
04 – Can – Utility and the Coastliners
05 – Horizons
06 – Supper’s ready
i. Lover's Leap
ii. The Guaranteed Eternal Sanctuary Man
iii. Ikhnaton and Itsacon and Their Band of Merry Men
iv. How Dare I Be So Beautiful?
v. Willow Farm
vi. Apocalypse in 9/8 (featuring the delicious talents of Gabble Ratchet)
vii. As Sure as Eggs is Eggs (Aching Men's Feet)

Après être devenu l’une des révélations de la scène progressive naissante en Grande Bretagne avec Trespass et avoir confirmé, au moins en partie, les espoirs fondés en lui avec Nursery Crime, Genesis se devait d’enfoncer le clou par sa troisième sortie. Aidé par des concerts réputés magiques qui soudent le groupe, et un Peter Gabriel dont la vision s’étoffe chaque jour, les Anglais arrivent en studio avec tous les ingrédients d’une bonne explosion. En termes de notoriété et de ventes - tout du moins hors Etats-Unis - cet album sorti en 1972 a dépassé son but. Il est également le symbole d’un groupe qui compose de façon beaucoup plus construite, ce qui laisse présager à l’époque d’autres disques mémorables à suivre : Selling England by The Pound en 1973, par exemple.

L’un des éléments qui surprennent à travers tout ce disque, hors des sons certes un peu datés, est sa dynamique. Illustrée par « Watcher of the Skies », elle signe la fin des atermoiements de Trespass et des sonorités agressives de Nursery Crime au profit d’une musique plus fluide, plus mélodique, mais aussi plus pensée. Le paisible « Time Table », sur les chevaliers de la Table Ronde en est un autre exemple, mais le plus parfait reste « Supper’s Ready », chanson mythique, et peut-être le meilleur morceau « épique » - plus de vingt minutes - jamais composé. Il reste un des grands moments de Genesis dans le cœur des fans, et constitue le paroxysme de l’exubérance de cette formation qui reviendra à un format et à une musique plus sage dès Selling England by The Pound.

Composé de sept mouvements aux rythmes et mélodies différents, « Supper’s Ready » passe du progressif le plus académique en introduction, aux passages les moins conventionnels, tel le menaçant « Apocalypse in 9/8 » ou le bien barré « Willow Farm ». Peter Gabriel, littéralement possédé, n’hésitera pas sur scène à enfiler plusieurs costumes pour conter cette histoire sans queue ni tête. Le groupe, quant à lui, fait preuve d’une rare cohérence : rien ne dépasse.

Ainsi, même si la production est loin d’être optimale, même pour l’époque, et bien que les claviers de Banks n’aient pas encore toute la rondeur et la variété qui caractérisent Selling, Foxtrot reste une pierre angulaire de la discographie de Genesis, la première d’une longue série.


Source >>> www.progressia.net

Par Jack The Ripper - Publié dans : Musique ( chroniques )
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Samedi 18 juin 2005 6 18 /06 /2005 00:00
The Who "Who's next"
(Polydor/Universal)

En plus d'être le meilleur disque de la bande à Pete Townsend, "Who's next" peut se vanter d'être le disque qui commence le mieux de toute l'histoire du rock ! Un tapis de claviers bondissants accueille l'auditeur, dans un trululu qui a du se faire gausser bien des puristes du rock'n'roll… Jusqu'à ce que les trois notes de "Baba O'Riley" résonnent dans l'air, tonnant comme un orage dans le tranquille ciel d'été… Et là, arrive la frappe massive du batteur Keith Moon en personne, annonçant fièrement la charge de son groupe : The Who.

Et la foudre peut commencer à tomber. Keith Moon, brute ou bouffon, fou à lier ou simple gai-luron fait comme à son habitude parler la poudre. Les femmes et les enfants d'abord. Moon est peut-être le plus grand batteur ayant existé après Bonzo, ours en chef de Led Zeppelin. Toute bonne compagnie de cirque a un ours. Ce n'était pas le cas des Who, mais à la place ils avaient leur lion : Roger Daltrey, le chanteur qui rugissait sous les éclairs. D'ailleurs, revenons à notre orage. Il ne semble pas impressionner notre lion qui rugit de plus belle. "Teenage Wasteland !" hurle-t-il. Mais qui veut l'entendre ? En 1971, la défonce est en effet tout ce qu'il reste des grands idéaux hippies. "They're All Wasted !". Daltrey est le seul dans son groupe à refuser de toucher aux drogues. Townsend en prend pour calmer ses angoisses et cela ne fait qu'attiser sa mégalo. Moon en prend pour aller encore plus vers cet idéal qui est devenu le sens de sa vie : la déconnade. On pourrait parler des lignes entières de la légende existante autour de ce grand casseur de batteries (et de chambres d'hotels) devant l'Eternel, mais il est temps de passer à la suite du disque.

"Bargain" démarre par une courte vision de vent soufflant dans les herbes hautes… dont on ce demande ce qu'elle fait là. Puis ce paysage si placide qu'on a cru apercevoir furtivement s'enflamme, et la terre de trembler une nouvelle fois. On ne va pas faire un dessin : tous les morceaux de ce disque se ressemblent à peu près. Tous dotés par Townsend (le chef de la troupe du cirque, en chapeau haut de forme) d'un son édifiant. Edifiant, c'est le mot. "Who's Next" fait penser à un édifice, peut-être ce monolithe en béton présenté de manière fort peu esthétique sur la pochette. On y voit les membres du groupe remonter leur braguette après avoir uriné sur ledit monolithe. Sachant qu'une autre idée du groupe était une photo de Keith Moon en porte-jarretelles, on n'ira pas se plaindre. En réalité, "Who's Next" n'a pas toujours été ce monument d'assurance tranquille d'où semble bannie la prise de tête. C'est en fait une résurgence de "Lifehouse", concept album avorté de Pete Townsend qui voulait continuer dans cette voie après le succès de "Tommy".

Les autres chansons qui auraient du figurer sur le projet original se retrouvent à la suite de "Who's Next" sur les éditions CD. Ce qui nous permet de nous rendre compte que seule la crème de la crème a été gardée. Ainsi, l'album ne s'épanche que sur neuf titres pêchant parfois par manque de variété. Mais quel disque ! Si les Pixies ont inventé la dynamique couplet calme-refrain furax, les Who ont inventé celle-ci : intros zen, presque éthérées, et reste de la chanson pied au plancher, dans le tumulte des amplis. Comprendre avant-après Keith Moon. Ça se calme un peu sur la virevoltante "Going Mobile", pop song enjouée à fredonner mais trop rapide pour faire un single. "My Wife" est écrite par John Entwistle, le discret bassiste qui ne dit jamais rien. Les accents épiques du début de l'album se retrouvent sur "The Song Is Over", magnifique péplum sonore déclamé par un Daltrey seul, gladiateur victorieux dans son arène.

Les claviers qui avaient tant surpris sur la première chanson sont en fait présents sur tout l'album, mais cachés par le vacarme céleste du groupe le plus bruyant du monde. Heureusement d'ailleurs, car ceux enfouis dans "The Song Is Over" rappellent une machine à laver. Mais c'est avec "Behind Blue Eyes" que les claviers s'en iront pour de bon. Cette chanson est un peu le "Stairway to Heaven" du groupe. Tout en étant radicalement différente de l'hymne du Zeppelin (au passage, c'est Keith Moon qui a eu l'idée du Nom Led Zeppelin), "Behind Blue Eyes" s'en rapproche par son côté chanson trop évidente, et son final-brasier qui achève l'album avec autant de panache qu'il avait commencé. Pourtant, c'est une chanson extrèmement importante pour Townsend, aux paroles amères et reminiscentes des tourments du guitariste sauteur.

Les possesseurs de la version CD auront le bonheur ensuite d'écouter les chansons de "Lifehouse" (dont "Baby Don't You Do It", véritable vitrine du génie de Keith Moon) et surtout "Won't Get Fooled Again" le single de plus de six minutes (une autre époque, assurément…) qui ne laisse derrière lui que décombres fumantes. Que dire sur ce morceau de bravoure ? C'est une merveille, tout simplement. Le jeu de guitare de Townsend est à son zénith, le groupe fait mine de terminer la chanson, puis revient pour la dernière couche, en beauté. Sans le savoir, les Who mettent ici en place un style qui fera le bonheur des futur groupes pour stades ! Queen, U2, Van Halen, tous ont une dette envers les cris de Daltrey et les moulinets de Townsend, un des premiers, sinon le premier des guitar-heroes du rock.

(Source >  www.m-la-music.net)


Par Jack The Ripper - Publié dans : Musique ( chroniques )
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Dimanche 19 juin 2005 7 19 /06 /2005 00:00


YES - TALES FROM TOPOGRAPHIC OCEANS (1973)

Album culte non seulement par la musique d'une rare beauté et d'une exceptionnelle compléxité mais également par la pochette mythique de Roger Dean qui est définitivement associé au succès interplanétaire de Yes. En effet cette dernière a été élue meilleure pochette de tous les temps par Rolling Stone... Mais qu'en est il de l'album?

Ce fut le premier album que j'ai acheté du groupe et malgré de nombreuses mises en garde je l'ai trouvé très accessible même si de multiples écoutes sont bénéfiques au disque. Les 4 titres de 20 minutes qui composent ce double disque sont incroyablement variés et démontrent qu'un groupe bien qu'évoluant dans un registre musical bien défini peut tout a fait sortir des sentiers battus et proposer des compositions incroyablement complexes qui remettent en question le rock prog (rien que ça!). Flirtant avec de l'experimental, du pur rock, de la ballade acoustique, de la percussion pleine vitesse, il paraît difficile de trouver un lien commun au sein d'un même moreceau et a fortiori au sein de l'album.

Que nenni! Le fil conducteur, qui a première écoute est la virtuosité technique de l'ensemble des musiciens, existe bien et notamment The Revealing Science of God possède un réel thème principal décliné sous de multiples formes. The Ancient est certainement la chanson la plus décousue mais au moins cette dernière une unité d'atmosphère. Elle finit sur 7 minutes d'acoustique que je trouve tout simplement magnifiques. En effet cette partie de titre aurait pu faire un morceau a lui tout seul. Steve Howe se promène sur sa guitare dans un style qui rappelle alors le flamenco revu et corrige par l'Anglais. Le dernier titre Ritual - Nous Sommes du Soleil est à mes yeux un des 3 meilleurs titres du groupe avec The Gates of Delirium et Awaken. Ce titre dont le refrain emprunte quelques mots (4!) de français et remarquable car sa structure est véritablement prog tout en s'écartant d'un schéma pré-établi. Le titre passe du calme au rock par des solrtes d'interludes instrumentales qui donnent toute la cohésion au morceau.

Album énorme donc qui ne possède pas de déchets. Certaines parties auraient peut être méritées d'être raccourcies et d'autres rallongées...mettons cela sur le compte des 30 ans d'ancienneté (!!!) de cet album. Et voila une autre de ses forces: alors que d'innombrables albums de cette époque ne sont pas écoutables a cause de sons franchement trop vieillots, Tales From Topographic Oceans ne paraît que très peu ridé seulement trahi par quelques rares sons éxpérimentaux de synthé un peu kitsch!

Source =>  www.metal-immortel.com


Par Jack The Ripper - Publié dans : Musique ( chroniques )
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Vendredi 29 juillet 2005 5 29 /07 /2005 00:00
Radiohead
Ok Computer
 Ok Computer
Label :  Parlophone
Sortie :  vendredi 13 juin 1997
Format :   Album / CD  

Dans la bataille du "quel est le disque qui restera des années 90?", Radiohead aura frappé un grand coup, quelques années seulement avant la fin de la décennie, avec cet album, Ok Computer.
Que dire d'Ok Computer sinon qu'il est L'ALBUM ultime par excellence, le Electric Ladyland de son temps, le Pet Sounds des années 90... En bref, un opus créateur du son de son époque.
Avec "Airbag" - où Thom Yorke veut sauver le monde, "Paranoïd Androïd" - petit bijou à quatre temps, la meilleure chanson du groupe à ce jour, où des titres comme "Karma Police", "No Surprises" - qui ironise sur la vie quotidienne et routinière de chacun d'entre nous, ou le robotique "Fitter, Happier", tout est là pour faire de "Ok Computer" un grand album : guitare saturé, voix nasillarde, chansons rock, ballades, critique (intelligente)de la société... Ne cherchez pas, tout y est...
En 1997, Radiohead nous a pondu là un album tout simplement génial, intemporel et qui restera comme LA bande son référence des années 90. Du très grand art.

(SOURCE  > http://www.xsilence.net/disque-609.htm#chro)

Par Jack The Ripper - Publié dans : Musique ( chroniques )
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Samedi 30 juillet 2005 6 30 /07 /2005 00:00
The Smashing Pumpkins
Mellon Collie And The Infinite Sadness
 Mellon Collie And The Infinite Sadness
Label :  Virgin Records
Sortie :  vendredi 20 octobre 1995
Format :   Double Album / CD  Vinyle  K7 Audio  

"Smashing Pumpkins was never meant to be a small band-it was either going to be a big band or a no band" Billy Corgan. C'est en 1995 que sort ce qui est consideré aujourd'hui comme le pivot de l'existence des Smashing Pumpkins. Las des guitares saturées à outrance de Gish et de Siamese Dream, mais toujours pas calmés pour autant, Billy Corgan et ses citrouilles décident de concocter, non sans conscience du risque de grandiloquence que cela suppose, un double album. Cette dualité est palpable d'un bout à l'autre de Mellon Collie, enregistré dans quatre studios différents et avec l'aide de deux producteurs, Alan Moulder et Flood. Surprenant, ce double opus bénéficie du souffle des oeuvres baroques, mais cherche soigneusement à en éviter les excès générateurs de fatuité. C'est dans une ambiance chamarée que s'alternent morceaux à guitares très électriques et douces mélopées, ou quand Billy Corgan prouve qu'il peut délaisser de temps à autre sa Fender au profit de ses talents de songwriter. Mellon Collie est aussi l'occasion pour le groupe de découvrir les samples et les séquenceurs (et d'en user avec brio sur un succès tel que "Tonight, Tonight"), et pour le chanteur chauve de profiter de la longueur du tout pour ménager une (minuscule) place pour que ses deux acolytes James Iha et D'arcy s'expriment le temps des deux titres de clôture des deux CDs ("Take me down" et "Farewell and Goodnight"). Guitares tapageuses et voix nasillarde en avant, cette oeuvre gargantuesque et schizophrénique signe l'entrée des Smashing Pumpkins dans la cour des grands du rock'n'roll.

source > http://www.xsilence.net/disque-674.htm
Par Jack The Ripper - Publié dans : Musique ( chroniques )
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Mercredi 10 août 2005 3 10 /08 /2005 00:00
Nirvana
In Utero
 In Utero
Label :  Geffen
Sortie :  mardi 21 septembre 1993
Format :   Album / CD  Vinyle  K7 Audio  

Qu'on le veuille ou non, Nirvana est LE groupe des années 90, celui qui a su redonner au rock son coté sale, voire malsain, et direct. In Utero ou comment retrouver le coté viscéral de la chose rock, perdu dans les égouts progressifs et synthétiques bas de gamme des années 70 et 80. Au moment ou cet album sort, Nirvana est devenu quelque chose d'énorme, le groupe déjà culte d'une génération entiere, celle des 12-25 ans mals dans leur peau. C'est un peu caricatural et pourtant...quel événement et quel drame a été l'annonce de la mort de Cobain! Mais revenons à la musique. In Utero est le successeur de Nevermind, plus ou moins renié par Cobain, celui çi le trouvant trop lisse, voire trop pop. La faute à Butch Vig, producteur de l'époque? Ou au succès inattendu qui traumatise le leader du groupe de Seattle? Peu importe, c'est en tout cas sur Steve Albini que se porte le choix du combo grunge pour donner naissance à In Utero, qui réussit à sortir sur disque le son rageur et violent caractérisant Nirvana en live. Le résultat est particulièrement rentre dedans, rappelant le fameux Bleach des débuts, la maturité en plus. Cobain déverse ses paroles torturées et glauques (My shit is her milk, her milk is my shit) sur des mélodies tranchantes et sales, admirablement soutenues par les deux faire valoir Novoselic et Grohl, au sommet de leur forme. Les seules plages de douceur sont passées au vitriol (All Apologies et Dumb, superbes) et équilibrent l'ensemble, sacrément hargneux. Kurt Cobain était certainement plus un junkie dépressif qu'un songwriter génial (ce qu'on a souvent prétendu pour entretenir son culte) mais il savait mieux que personne déballer ses tripes au grand jour pour mieux remuer les notres, et ç'est là la marque des plus grands. A (re)découvrir.

source > http://www.xsilence.net/disque-700.htm
Par Jack The Ripper - Publié dans : Musique ( chroniques )
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